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Pour inaugurer ce blog voué à présenter des fictions télévisées d’époques et de provenances très variées, j’ai choisi une comédie satirique britannique en quatre épisodes, adaptation par Robert Knights d’un roman de Tom Sharpe. L’action se situe au sein d’un collège de Cambridge, Porterhouse, au fonctionnement anachronique, accueillant uniquement des étudiants masculins et marqué par l’observance de coutumes surannées, comme l’organisation annuelle d’un coûteux banquet ou le cérémonial en latin de la prise de fonction des professeurs. La série débute par la mort du directeur du collège, victime d’une attaque. Celui-ci est alors remplacé par sir Godber Evans (interprété par Ian Richardson), un réformateur bien décidé à moderniser l’établissement (par exemple en instaurant la mixité des étudiants, l’interdiction aux élèves les plus fortunés d’acheter leurs diplômes ou encore la mise en place de distributeurs de contraceptifs). Ses desseins provoquent l’opposition farouche des très conservateurs membres de la faculté, ainsi que d’un personnage faisant depuis longtemps partie des meubles, le concierge Skullion (joué par David Jason), prêt à tout pour le maintien du statu quo.

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Cette satire d’Oxbridge grossit certes le trait, mais s’avère d’une drôlerie féroce, plus encore que l’adaptation deux ans plus tôt d’un autre récit de Tom Sharpe, Blott on the landscape (je reviendrai un jour sur cette mini-série avec David Suchet et George Cole, entre autres). Ian Richardson, l’inoubliable Francis Urquhart de House of cards (la version britannique, la meilleure) joue un Godber Evans plein de dignité, mais il passe souvent au second plan, éclipsé par les deux protagonistes vraiment centraux de la série: Skullion et le thésard Lionel Zipser. David Jason (que tous les anglophiles connaissent pour son fameux rôle de Del Boy Trotter dans Only fools and horses) excelle dans le rôle de Skullion et l’on suit avec intérêt ses machinations pour contrecarrer les plans d’Evans, aidé entre autres par un journaliste adepte des reportages bidonnés. Cependant, le personnage le plus marquant est bien celui de Zipser (incarné par John Sessions), un étudiant érotomane en manque de compagnie féminine dans un milieu désespérément masculin et dont les obsessions auront en fin de compte des conséquences tragicomiques que je vous laisse découvrir. Semblant d’abord une intrigue secondaire, l’histoire de Zipser s’avère être l’aspect le plus mémorable (et inattendu) de la série.

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Après un épisode inaugural au rythme plutôt tranquille, Porterhouse Blue gagne en vivacité et propose au final une réjouissante farce caustique qui ne fait certes pas dans la dentelle mais bénéficie d’une distribution d’acteurs chevronnés en grande forme. La chute de l’histoire ne manque pas de sel, néanmoins j’avoue l’avoir trouvée assez prévisible, connaissant l’humour de Tom Sharpe. Tout comme son prédécesseur Blott on the Landscape, la série est dotée d’un budget conséquent, sans doute supérieur à la moyenne pour une série anglaise de cette époque. Enfin, signalons la musique originale du générique, un chant solennel en latin (de cuisine) interprété par les Flying Pickets, un groupe en vogue à l’époque (leur tube Only You fut un temps au top des charts) et se produisant a cappella, que vous pouvez écouter ci-dessous.

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