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Série de 10 épisodes présentée l’année dernière au festival Séries Mania où le pilote ne passa pas inaperçu, très populaire en Belgique flamande, récompensée au Banff World Media festival, un générique mémorable qui détourne un tube d’Elvis Presley… Tout cela a éveillé ma curiosité, d’autant plus que le thème de la série m’intéresse particulièrement: les quiz de culture générale. Ceux-ci sont très en vogue chez nos amis belges, où de nombreux concours sont organisés chaque année. L’histoire narre le parcours de cinq compétiteurs formant une équipe pour prendre part aux différentes rencontres, avec pour ambitieux objectif de participer un jour au  Superprestige, un tournoi opposant les équipes d’élite ayant récolté le plus de points lors des divers tournois.

Le groupe est composé de Nick, un jeune en recherche d’emploi dont la petite amie travaille dans un salon de coiffure où est également pratiqué le toilettage canin; Roger, agent fiscal pointilleux et vétéran à la vaste culture qui eut autrefois une expérience cuisante lors d’une participation à un jeu télé ( IQ Kwis); Armand, spécialiste de l’histoire ancienne mais qui peine à masquer ses lacunes dans d’autres domaines du savoir; Luc, photographe et fan de foot, dont l’épouse voit son hobby pour les quiz d’un mauvais œil; Lennon, handicapé mental et illettré mais un expert en culture musicale. Ils forment une équipe performante du nom de Table sept, devant mener de front des vies personnelles compliquées et l’entraînement à des compétitions relevées, où leurs grands rivaux, la redoutable équipe Coromar n’a de cesse de multiplier les coups bas pour les faire trébucher.

Le scénario, écrit par Bart de Pauw, se révèle plein d’humour et parvient parfaitement à exploiter son sujet en tissant des intrigues autour de chaque compétition à laquelle concourt Table sept, se déroulant le plus souvent dans des patelins de la Belgique profonde. De plus, chacun des membres de l’équipe est très bien campé et est le protagoniste d’une histoire intrigante, parfois liée à un passé trouble. Ces développements donnent une singulière épaisseur à ces personnages, et le téléspectateur n’aura aucun mal à s’identifier à l’un ou à l’autre. Je dois dire également que, ayant moi même été membre d’un club de jeu de questions/réponses, j’ai trouvé une certaine authenticité à la série, aussi bien dans les portraits de joueurs que concernant l’ambiance des compètes, souvent conviviales mais où la concurrence est parfois âpre, pour au final remporter des lots en général très modestes.

Les questions posées lors des rencontres présentées à l’écran ne concernent pas uniquement la culture spécifiquement belge, rendant le programme accessible à un vaste public (cependant, sans surprise, les questions du Superprestige sont très pointues). Quiz me quick est un concentré de belgitude: l’humour est souvent décalé, voire absurde, les personnages colorés et les références à la culture flamande abondent dans les dialogues. Hormis les situations burlesques, la série réserve quelques moments dramatiques chargés d’émotion (en particulier lors des scènes entre Luc et son père, ancien photographe devenu aveugle). Les intrigues ne sont pas pour la plupart prévisibles, à cet égard l’épisode final a une issue assez surprenante et n’hésite pas à prendre le contrepied des attentes du spectateur.

A l’instar de Detectorists qui montrait l’an dernier la vie d’anglais moyens ayant pour hobby la détection de métaux, Quiz me quick dresse une galerie de portraits de belges ordinaires qui cherchent à s’extraire d’un quotidien décevant par le jeu et un insatiable appétit de savoir. Cette fiction est un régal à suivre et constitue un de mes meilleurs visionnages de ces derniers mois. J’avais déjà eu un aperçu de l’excellent humour de la télévision belge en regardant des épisodes de Buiten de zone, une comédie des années 90 encore plébiscitée de nos jours (je vous en reparlerai dans un prochain billet). Quiz me quick est une réussite du même calibre. Sans compter que vous y découvrirez quelques curiosité animales: le chien nu du Mexique (alias le xoloitzcuintle) ou encore le cheval de Paris. En regardant la série, vous comprendrez à quoi je fais allusion.

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